Moi oui mais en Afghanistan c’est une toute autre histoire. Cette histoire a commencé la semaine dernière à Paghman.

Première chose vous oubliez tout ce qu’on vous a toujours appris sur les règles de conduite, ici il n’y a qu’une règle : LA PERSONNE EN FACE DE TOI PEUT TOUT FAIRE. Une fois que tu as compris ce principe clé tu peux passer derrière le volant…A droite… En Afghanistan on conduit à droite (enfin normalement…) mais les voitures viennent souvent du Pakistan voisin. Alors que tu n’as jamais été capable de faire quoique ce soit de ta main gauche, la voilà réquisitionnée pour passer les vitesses du 4*4.

 

 

Te voilà donc sur la route, ou plutôt la piste, pas trop dur…Sauf que ton cerveau refuse de comprendre que la boite de vitesse est à gauche, tu manques donc plusieurs fois d’ouvrir la portière et le clignotant (qui ne sert à rien mais que tu t’obstines, conditionnée que tu es, à vouloir mettre…) n'est autre que l'essuie-glace.

 

 

Ca fait rire Nazim, c’est déjà ça… Me voilà sur la route, une vraie ! « A Kaboul, c’est moi qui conduit » me dit-il presque rassuré, sauf qu’arrivés dans la capitale, je maîtrisais parfaitement le clignotant, la boite de vitesse et l’afghan au volant prêt à tout (sauf à voir une fille au volant!) et en finissant ma course sur le parking du campus universitaire kabouli je peux affirmer une chose : ben conduire avec un foulard c’est pas simple…


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Comment pouvions nous deviner que se faire enregistrer auprès de la délégation consulaire prendrait des airs d'aventure sans nom… Nous voilà AG et moi dans le SAS d’entrée de l’ambassade à attendre que la nouvellement nommée consul veuille bien nous recevoir. Ici pas de banc, pas de chaise, encore moins de petit café, assises à même le sol, derrière de hautes grilles nous attendons notre tour, la sécurité est à ce prix…

 

 

Les joies de la lenteur administrative française existent aussi ici, en plein milieu de Kaboul et sont incarnées par Madame la consul. Je passe l’épisode du « Et vous mettez un foulard à chaque fois que vous sortez ? Moi je suis sortie en jupe courte et manches courtes, on m’a rien dit hein ? » complètement hallucinant de la part d’une personne censée représenter un pays… Du bout de deux de ses doigts, elle arrive tant bien que mal à taper les informations présentes sur notre formulaire. Nous prenons notre mal en patience quand un de ses collègues entre et nous annonce qu’une alerte à la bombe leur a été communiquée dans la route même de l’ambassade et que nous sommes interdits de sortie.

 

 

L’alerte se confirme, une voiture piégée doit être désamorcée. Devant le « Et bien j’ai tout mon temps maintenant » de la consul nous voilà coincées pour une durée indéfinie, horrifiées non pas à l’idée de sauter en compagnie de nos concitoyens français mais plutôt à l’idée de devoir passer plus de temps en cette charmante compagnie. Mais nos cartes en main nous nous enfuyons vers d’autres quartiers de l’ambassade.

 

 

Pendant que les militaires français « dépolluaient » (selon les termes officiels) la voiture, que les voisins américains étaient confinés dans leur bunker, nous nous mangions charcuterie et fromage dans des assiettes RF. Vive la France !


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Si c’était ça l’Afghanistan ? Ce pays en guerre, où l’insécurité est de plus en plus criante… Des taliban de plus en plus violents, de mieux en mieux organisés qui reprennent du terrain, deux pseudo forces internationales complètement dépassées incapable de contenir une reprise de violence dans le pays et même plus dans la capitale, un sentiment anti étranger de plus en plus manifeste, un gouvernement inefficace, l'Afghanistan comme champ d’opium et tout ça sous le signe de la corruption… Se rendre compte après deux mois que l’on est dans un pays en guerre… Et si l’Afghanistan n’était pas « autrement » finalement…


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Mustafa a 3 ans. Il est très souriant et plein de vie, mais peut à peine marcher tant ses pieds sont boursouflés par la maladie. Il peut à peine vivre tant chaque coup se transforme en véritable supplice. Il souffre de cette maladie dont j’ai déjà parlé, une maladie sans nom…

 

Aujourd’hui, je l’ai emmené à l’hôpital des enfants, cet hôpital français inauguré il y a quelques mois par notre chère Bernadette et soutenu par tant de personnalités françaises. J’ai été reçu par un médecin français. Il a regardé l’enfant avec un air dédaigneux, comme s’il s’agissait d’une bête curieuse : « Et alors ? Vous me prenez pour un magicien ? Que voulez vous que je fasse ? » J’essaie de ne pas me décontenancer devant son apparente stupidité. « Selon mes informations il souffre d’une maladie orpheline, je cherche donc le nom de cette maladie afin de  l’aider ». « Je suis pas une encyclopédie médicale, je peux pas vous dire ce qu’il a comme ça »……. Calme et sérénité. « Je me doute bien, Monsieur (le mot docteur me semblait alors aberrant), mais je voudrais qu’il passe des examens et faire ensuite des recherches en France » Réponse : « C’est l’Afghanistan ici, on peut pas faire ça, vous nous prenez pour qui enfin ? » J’ai évité de répondre « un hôpital » et suis allée prendre rdv avec un autre médecin en France en ce moment. Un médecin que j’irai voir seule, photos à l’appui.

 

Aujourd’hui, devant un père démuni et un petit garçon souffrant, j’ai jamais eu aussi honte d’être française.


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Sujet légèrement scato, âmes sensibles s’abstenir…

 

 

Je baptise aujourd’hui ma première gastro afghane, après plus d’un mois et demie en Afghanistan, l’eau sale, l’air pollué et la viande accrochée en pleine rue, fumée au pot d’échappement et envahie par les mouches, je ne m’en sors pas trop mal je trouve.

 

 

Malgré la fièvre et les nombreux allers retours aux toilettes, j’ai le sourire. Ce qui est drôle en Afghanistan, c’est que le sujet est quasi normal, on pourrait dire : « bonjour, bien dormi ? Il fait très beau, quelle chaleur, ça va t’as pas fait caca mou aujourd’hui ? »

 

 

De toutes façons, il serait difficile de la cacher, c’est une des premières questions qu’on te pose quand tu dis que ça ne va pas très bien. Bref on est aux petits soins pour moi et chacun y va de son petit conseil. Je suis aussi obligée de faire semblant d’aller mieux pour qu’on arrête de me demander si je veux aller à l’hôpital.

Bref, c’était le sujet du jour et néanmoins je suis pas mécontente d’aller me coucher...

 


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Quelques mots sur une tradition en Afghanistan que j’ai tournée en dérision au grand dam de ma réputation afghane…

 

Les mariages arrangés sont la coutume en Afghanistan. Il peut arriver malgré la séparation dans tous les aspects de la vie des filles et des garçons que deux jeunes puissent s’apprécier. La famille alors doit s’en mêler et « arranger » le mariage. S’il y a désaccord, le dernier recours de la fille est de faire « shingali ». Elle quitte le foyer familial et part s’installer avec toutes ses affaires chez son prétendant. Le garçon est alors obligé, par honneur, de se marier avec cette nouvelle venue.

Bref, pour infos, cela n’arrive que très rarement, les familles préférant se battre pour laver l’affront que de céder à ce « chantage ».

 

Pour protéger la représentation de Clowns sans frontières dans une de nos écoles à Paghman, nous avons fait appel à 3 policiers. Les afghans sont très beaux, mais l’un d’eux étaient particulièrement beau, avec des yeux quasi transparents. Enfin, il sentait aussi le pain grillé il y a 10 jours et n’a pas décoché un sourire du spectacle.

 

Néanmoins, j’annonce à Nazim, en allant dans le Panjshir aujourd’hui, que je vais faire « Shingali » avec mon beau policier. Nazim est mort de rire et ne trouve pas mieux que de raconter cette histoire aux professeures de l’école.

Non décontenancée, ni par mon futur shingali, ni par mon dari que je maîtrise petit à petit, je raconte aux profs l’histoire des photos. En effet, il me fallait absolument un preuve de la beauté de ce policier, je demande donc aux 3 de poser. Deux ont accepté… Mon air faussement dépité amuse beaucoup les profs.

 

Je suis ravie de les avoir fait rire, mais en partant du Panjshir aujourd’hui, toute l’école était au courant, que va-t-il advenir de ma réputation afghane ???


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L’Afghanistan autrement… C’est pas encore gagné… Insécurité, insurrection taliban, ministère du vice et de la vertu… Alors que les media s’affairent autant que possible à donner une image négative de l’Afghanistan, moi je découvre des havres de paix, des coins de paradis. L’Afghanistan autrement…

 

 

Band e amir, à 3h de piste de Bamyan. Au milieu des montagnes désertiques, des lacs. Le plus grand, le plus beau, le plus bleu prend place dans un cratère. Comme une piscine qu’on aurait trop remplie, le lac se déverse de part et d’autre. Là au milieu de nulle part c’est limite inconcevable.

 

 

Les montagnes trompent. Un bateau à moteur, où s’entassent une quinzaine d’afghans, défiant toutes les lois sur les capacités de contenance du petit bateau, permet de découvrir l’étendue réelle du lac. Perdu au milieu du lac, au milieu des montagnes, au milieu des déserts, on est loin de l’image médiatisée, et pourtant c’est l’Afghanistan… Qui a raison, où est la réalité ?


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Voici des nouvelles de Doudou...

Tout poussièreux à son arrivée, Doudou s'est vite habitué à sa vie kaboulie. Il gère et ne se plaint même de l'appel à la prière de 4:00 lui.

Bien entendu, il suit avec envie vos aventures aux quatres coins du monde, l'Andalousie en sac à dos ou la traversée du Venezuela à cheval l'auraient bien tenté mais Doudou a choisi. Son camps c'est les Moudjahhiddin. C'est l'Afghanistan.


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Le concept plus que connu du « Ou pas… » pourrait faire fureur en Afghanistan.

 

J’illustre. Hier, je demande à l’entreprise qui nous fournit Internet 56K pour la modique somme de 300$ par mois de passer checker un ordinateur. « Anytime dans la journée » J’aurais du rajouter « Ou pas… ». Je l’attends toujours. Aujourd’hui, on demande à Rhaman, notre chauffeur d’être là 9h30 pour qu’il nous conduise à un RDV, il répond « oui » qui veut dire « Ou pas… », en l’occurrence c’était « pas ».

 

Ce we, c’est fête Nat ici, pour moi ce devait être Bamyan, la ville des Bouddhas détruits, l’aventure, les rencontres, les paysages époustouflants, ou pas... La voiture devant nous y conduire n’étant pas sûre, tu ne t’aventures pas dans un périple de 10h aller sur route 90% piste, pistée par les Talebs. Pendant 10h, tu ne t’arrêtes ni pour faire pipi ni pour pique-niquer mais surtout surtout tu évites le coup de la panne.

 

Si ce n’est pas Bamyan, ce sera peut-être Herat en avion cette fois. Si ce n’est pas Herat, ce sera Kaboul. En tous cas, ce sera l’Afghanistan et ici, l’aventure, c’est tous les jours…


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Le directeur d'une de nos écoles a un petit garçon qui souffre d'une maladie rare. Chacune de ses plaies, chacun de ses bleus se transforme en des sortes de pustules purulentes. Il souffre beaucoup comme vous pouvez l'imaginer.

Dans un pays où une simple diarrhée est difficile à soigner, il y a peu d'espoir de trouver un remède à cette maladie ici.

Parlez en autour de vous, trouvez des infos autour de vous. Faute de le soigner, on peut au moins le soulager. Merci.


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