Kaboul me manque. Sorties « seules », fêtes alcoolisées, petit café en terrasse, croissants tous les matins. J’ai acheté mon billet aujourd’hui, destination mes montagnes. Bientôt. En attendant, chaque trajet de métro se transforme en terrain de bouzkachi sous la plume de Joseph Kessel. J’ai commencé à souligner un passage que je souhaitais noter ici, puis deux, puis… Lisez le livre et si vous l’avez déjà lu, relisez le.
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Partir pour quelques jours. Quitter mes afghans. Ceux qui ne contrôlent pas mes bagages parce que je dis sûrement parfaitement « Salam Alekoum, Tchotor asté ? ». Resquiller les américains déballant leurs chaussettes de leur valise sous le regard amusé de Rhaman. « Tu as de la chance d'être française » Je pense surtout avoir de la chance de ne pas imposer ma langue dans un pays qui n’est pas le mien.
Je quitte ceux qui réparent mon loupage d’avion Kaboul-Dubai, récupèrent mon billet pour remboursement, m’en procurent un nouveau sur le seul et prochain vol, chouchoutée par le personnel administratif de l’aéroport et tout ça en moins d’une demie heure. Efficacité. Rapidité.
Encore quelques « tu parles super bien dari » et je quitte aussi les montagnes afghanes et le capharnaüm amusant que forme Kaboul sous un coucher de soleil féerique.
Fin du désordre.
Dubai et ses routes parfaitement asphaltées me fait peur. Tout est superficiellement censé être beau. C’est donc ça les critères occidentaux de la beauté ?
Mon voile est tombée sous une rafale de vent en sortant de l’avion. Comme un signe. Je ne l’ai pas remis. Je me sens nue. Kaboul me manque.
Mais Alitalia, que j’avais appris à détester lors de mes déboires aller, me réconcilie avec le monde occidental. Un vrai café et un match de foot ça ne se refuse pas !?
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Je fais une fixation et je l’assume. La débilité journalistique me sidère.
Une amie de C. est venue passer une semaine en Afghanistan, touchée par ces familles ayant pour seul toit les grottes des bouddhas géants de Bâmyân et cela même pendant le rude hiver afghan.
Oui c’est aussi le 21ème siècle en Afghanistan…
Pendant cette semaine, cette femme formidable a distribué des vivres à ces familles et aider ainsi la seule femme gouverneur d’Afghanistan.
Astrid n’a pas gravé son nom dans les pierres de Bâmyân pour « prouver » ce qu’elle a fait ni frappé à son effigie les savons qu’elle distribuait. Discrétion, humilité, et équité étaient les maîtres mots de cet « humanitaire » improvisé.
Un soi disant reportage sur l’Afghanistan peut suffire à tout gâcher (paru dans l'Orient, le jour). Cet article n’est que pur mensonge, sans information préalable, sans enquête, sans cœur.
Pourquoi toujours chercher à descendre ce qui est fait ici ? Y a-t-il des prix distribués pour « taux record de négativité infligé à un pays » ?
Un article même pas signé. Une honte pour les media. L’Afghanistan aime la ou quitte la.
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Une fois de plus, vous allez me dire, je m’en prends au media. Oui et aujourd’hui j’en veux aussi aux expatriés inconscients, aux expatriés qui se mettent en danger, qui nous mettent en danger et qui donnent une image faussée de l’Afghanistan.
Personne n’a jamais caché que l’Afghanistan était un pays dangereux, vivre ici suppose de respecter certaines règles de sécurité.
Ne pas partir seuls sans chauffeur afghan dans des zones connues pour être aux mains des taliban, se faire connaître des autorités locales et ne pas faire de camping sauvage en fait partie. Avant de parler de « barbarie » et de « nouvelle étape dans la montée de la violence », on pourrait aussi parler de ces trop petits détails pour être mentionnés.
Je ne suis pas insensible à la mort des deux journalistes allemands, juste troublée par une rétention d’informations opérée par les media qui continue comme toujours à donner une image desastreuse de l'Afghanistan.
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Anna Politkovskaïa était une femme formidable, une de ces journalistes qui se bat contre les souffrances inutiles, contre les morts injustes.
Empoisonnée à plusieurs reprises, cette attaque fût la bonne.
Elle était russe et se battait pour que l’on s’intéresse à la cause tchétchène. Une cause perdue, un génocide connu et pourtant ignoré. Elle se battait pour dénoncer les tortures, les injustices.
Elle se battait pour rien.
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Aujourd’hui le Nouvel obs titre :
« Il y a 5 ans débutait la guerre en Afghanistan »
Comme en témoignent les carcasses de tanks, les panneaux "interdits aux armes" et la mémoire des afghans et des afghanes, la guerre n'a pas commencé le 7 octobre 2001.
Ce qui fait 5 ans pour les uns fait 30 ans pour les autres, ce serait gentil de ne pas l’oublier…
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Non il n’y a pas de forces armées UN qui ne tirent qu’en cas de légitime défense ici. L’OTAN et l’ « enduring freedom » ricain s’en charge (ou pas…)
Mais les UN sont là, et sont bien présents. Des murs blancs, un trait bleu, les barbelés et la blinde de gardes armés pour protéger tout ça.
Ils ont aussi les avions. Après mon expérience « White city » me voilà repartie à la recherche de tickets. « White city » s’arrête à 12h. Allez savoir pourquoi. Il est 13h30 quand j’entre après check in dans l’enceinte internationale. Il est 14h10 quand j’en ressors. Sans ticket.
Malgré ma patience exemplaire à regarder l’employée qui écrivait consciencieusement les noms, prénoms et autres informations nécessaires à emprunter le vol spécial sur les 4 pages du formulaire et à ne pas lui attraper son stylo pour le faire moi-même; Malgré mon calme devant les remarques désobligeantes de la même employée sur le fait que mon tampon à tamponner sur les 4 pages (soit 12 pages pour mes 3 peut-être futurs passagers) n’était pas à la bonne place; Je me retrouve devant la porte close de la section encaissement.
« Normal ça ferme à 14h » me répond l’employée, toujours la même. « C’est Ramadan, il fallait venir plus tôt, on finit à 14h». Mes explications sur le fait que white city finisssant à 12h …etc…Sont restées vaines et je n’ai eu mes tickets que le lendemain en respectant White city, Ramadan, les tampons bien droits et munie de ma patience innée.
Mais bon ils ont aussi la piscine dans laquelle je vais faire trempette le vendredi donc j’arrêterai là mon exposé sur la rentabilité de l’administration onusienne.
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