Les femmes du village étaient nombreuses ce matin, malgré le froid et les premiers flocons de neige, à être venues participer à cette formation sur le « Planning familial » dans un de nos centres de santé.
« Qu’est ce que le « Planning familial » ? ». Les femmes restent perplexes devant cette première question posée par N., une iranienne installée depuis 2 ans en Afghanistan qui a développée seule des projets autour de ce thème, un thème selon elle facile à aborder, à moindres coûts qui pourtant a de vrais effets sur le bien être de la population afghane.
L’explication qui vient est claire et adaptée : « Quand vous plantez des arbres, vous laissez un espace entre chaque semence pour leur permettre de vivre et de mieux se développer, le planning familial vous apprend à faire la même chose avec votre vie, gérer le temps pour prendre soin de votre santé et celle de vos enfants »
Plus concrètement, N. va développer les problèmes liés aux naissances trop nombreuses et les solutions contraceptives les plus adaptées à chacune pour éviter ces problèmes. Petit à petit, les femmes se sentent en confiance et osent s’exprimer sur le sujet. Une femme, un bébé à l’abri sous son voile, affirme : « J’ai deux enfants, un de 4 ans et ce petit de 4 mois, donc je n’ai pas de problèmes ! » « Et combien de fausses couches ? » Lui demande doucement N. La femme répondra six, elle ne s’était pas rendue compte que le nombre d’enfants vivants n’était pas le seul à être pris en considération.
Tour à tour, les femmes se confient, certaines de façon éloquente et d’autres en regardant leur éducatrice à la santé comme pour bénéficier de son encouragement. Dans deux semaines, ces femmes seront conviées à une autre réunion pendant laquelle elles recevront un cours pratique sur la contraception et recevront celui qui leur sera le plus adapté. D’ici là, elles ont une responsabilité, avertir les autres femmes de leur entourage. Investies de leur mission, elles rentrent chez elle, cachant un grand sourire derrière leur tchadri bleu.
Dans la salle de bains, nous avons adopté le bukhari « sciures de bois » (plus écologique que le bois, la ballade en forêt n’étant pas l’activité hebdomadaire des afghans le vendredi après-midi). Loin d’avoir compris le fonctionnement de ce système alambiqué, la douche quotidienne devient un moment très douloureux.
Dans les chambres, le chauffage est électrique. Là se pose un autre dilemme : Electricité ou pas électricité ? Le générateur, ce grand sauveur des soirs sans électricité, ne permet pas de faire fonctionner tous les appareils électriques de la maison. Il s’agit donc de faire des choix. Frigo ? Télévision ? Ordinateurs ? Internet ? Lumière ? Eau chaude ? Dans la liste des priorités, notre petit chauffage électrique arrive en dernière position. Mais les rares fois où l’électricité de la ville se manifeste, le petit appareil prend une teinte rouge tellement inquiétante que toute ton attention se focalise sur cette source de danger certaine par peur de voir ta chambre s’enflammer par une simple distraction de quelques secondes.
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