Depuis quelques semaines, une règle de conduite est apparue à Kaboul.
Bon ce n'est pas comme s'il n'en existe pas déjà:
- Les warnings quand on va forcer le passage pour aller tout droit dans un rond point
- Le coup de klaxon « bref » quand on va doubler
- Le coup de klaxon « appuyé » quand on va doubler même si on sait qu’il n’y pas la place
- Les plein-phares quand la voiture en face de toi est en train de doubler et que tu vas te la prendre de plein fouet
Mais là grande nouveauté:
Alors que depuis le début, tu crois que l’ISAF ne fait que acte de présence et quelques sorties pour arborer leurs beaux tanks tous neufs, tu te rends compte que depuis le début ils bossaient en fait sur un code de la route plus adapté au pays (ou à leurs besoins)
Je vous laisse seuls juges…
Vous avez besoin d'une traduction???
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Aujourd'hui, c'est férié mais comme toujours nous sommes les derniers au courant. Planifier, prévoir sont des termes complètement obsolètes en Afghanistan.
Et pourtant les signes étaient là...
Depuis quelques jours l'Afghanistan se retrouve plongé dans l'Achoura land, des drapeaux ont fait leur apparition sur les voitures rendant encore plus dangereuse la circulation, des arches de tissu nous permettent de localiser précisément les quartiers chiites et le Mollah chante souvent, très souvent, trop fort et surtout surtout trop aigu !
Bref on enquête. L'achoura : commémoration de la mort violente de l'imam Hussayn, le fils du prophète Ali par les Omeyyades à Kerbala en Irak.
Dépêche ANSO (Notre super agence de sécurité qui nous envoie régulièrement des petits messages « attention une bombe semble avoir été localisée sur un vélo conduit par un Afghan barbu... Bref ça sert...Parfois) : déplacements à limiter dans les quartiers chiites demain. Cela attise d?autant plus la curiosité. L'enquête continue.
Et que decouvre-t-on? On ne commémore pas en déposant des fleurs sur la tombe d'Hussayn mais en passant les arches sus mentionnées en se flagellant afin de faire ressortir le côté martyr de la scène. Souffrir pour mieux comprendre la souffrance, pour mieux quoi ?
Je respecte mais s'endormir avec la vision de toutes ses voitures à drapeaux noirs se suivant dans ma rue partant à l'échafaud et de réveiller avec le cri des Afghans?
Des scènes aussi violentes dans un pays tout juste sortie de la guerre, est-ce vraiment une bonne chose ?
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Aujourd’hui la neige est de retour et avec elle l’absence de trafic aérien, les embouteillages et les accidents de voiture. A mon compte aujourd’hui, pas moins de deux. Passage en revue.
Le premier se passe dans une descente sur la route de Paghman. Sur la droite, le vide, devant, un flying coach (l’Espace à l’afghane…) qui n’avait pas jugé bon d’utiliser des chaînes malgré les 10 cm de neige tombées sur une couche de verglas. Quand soudain, le dit flying coach décide de s’arrêter, il y parvient 10m plus loin. Pas nous. Nous paierons et partirons phare et bout de carrosserie en moins…
Le deuxième aura lieu sur la route du retour. Après un tête-à-queue impressionnant provoqué par un de ces dos-d’âne (une spécialité en Afghanistan) verglacé, nous esquivons miraculeusement les voitures venant dans les deux sens, pour nous retrouver sur l’entrée d’un parking. Prêt à repartir, j’avertis Nazim d’attendre. Qu’une voiture arrive. Qu’elle va vite. Trop vite. Et qu’elle fonce droit sur nous... Ne parvenant à s’arrêter que dans notre roue, le taxi finira par détruire le reste de notre aile gauche.
Ayant payé pour le premier, nous refusons catégoriquement de débourser quoique ce soit pour ce chauffard inconscient. Le problème est pourtant là. Malgré le fait que je me fasse toute petite, que je réajuste sagement mon tchador et que ne sorte même pas de la voiture pour insulter ce danger sur roues, une « étrangère richissime » dans la voiture nous rend indubitablement fautif. Je ne sais pas si c’est la frustration de ne jamais pouvoir rien dire ou le mal de dos que je me paie depuis ces accidents, mais parfois les Afghans…
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Pour la première fois il fût inscrit à l’école. A Gulbahar, un village sur le chemin du Panjshir. Tenant la main de son père, il demanda « Qu’est-ce que c’est ? » « Un char », lui répondit-il. « Et eux qui sont-ils ? » « Les russes » « Qu’est ce qu’ils font ? » « Ils se battent contre les moudjahhiddin ». Il avait 6 ans. C’était en 1979. Le début de la guerre. C’était son premier jour d’école, sa première leçon.
Aujourd’hui, les enfants ne demandent plus ce qu’est un char, ils font partie du paysage, des histoires racontées par leurs parents, d’une vie rythmée par la guerre. Depuis ce premier jour d’école, Nazim a vécu beaucoup d’histoires comme celle-ci. Des histoires que je découvre petit à petit mais elles finissent toujours par « Mais aujourd’hui je suis heureux ».
C’est donc ça un conte de fées dans la vraie vie ?
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... Et beaucoup de motivation, voici le résultat!
Qui a dit que les miracles n'exitaient pas???
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Loin de moi l’idée de m’intéresser subitement à la question maritale, mais contre toute attente j’ai appris aujourd’hui lors d’une grande discussion sur le henné (rien à voir) pourquoi l’alliance se portait à l’annulaire, version afghane. (ou version Nazim ?)
Exercice pratique
(Qui n'engage à rien, promis...)
Placez vos deux poings l’un contre l’autre, phalanges du milieu collées.
Si vous relevez en même temps les deux index, vous pouvez facilement séparer les deux doigts l’un de l’autre.
Idem pour les majeurs et les auriculaires.
Mais si vous essayez avec les annulaires, alors ceux-ci sont inséparables. J’ai essayé. Beaucoup.
« Comme un mari et une femme » me dit Nazim.
Alors, amour et fidélité éternelles ou emprisonnement à vie ? Je vous laisse libre d’interpréter, personnellement j’ai déjà mon avis ;)
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