Mercredi 13 octobre 2010 3 13 /10 /Oct /2010 08:32

Le monde en a parlé mieux que moi et à ma plus grande surprise! 

 

http://fromkabul.over-blog.com/article-kab-58239465.html

 

Voici les images de la pièce jouée à Kaboul, une mise en scène originale et des acteurs prometteurs. 

 

Les planètes sont symbolisées par des échelles que font tourner des afghans accroupis (y'a qu'en Afghanistan qu'on trouvent des personnes capables de faire ça!) 

 

 

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Le petit prince et sa rose

 

— Que vous êtes belle !

— N’est-ce pas, répondit doucement la fleur. Et je suis née en même temps que le soleil… »

Le petit prince devina bien qu’elle n’était pas trop modeste, mais elle était si émouvante !

 

 

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L'allumeur de réverbères et sa toute petite planète (une seule échelle)

 

 

— Ça c’est drôle ! les jours chez toi durent une minute !

— Ce n’est pas drôle du tout, dit l’allumeur. Ça fait déjà un mois que nous parlons ensemble.

 

 

 

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Le géographe

 

— Elle est bien belle, votre planète. Est-ce qu’il y a des océans ?

— Je ne puis pas le savoir, dit le géographe.

— Ah ! (Le petit prince était déçu.) Et des montagnes ?

— Je ne puis pas le savoir, dit le géographe.

— Et des villes et des fleuves et des déserts ?

— Je ne puis pas le savoir non plus, dit le géographe.

— Mais vous êtes géographe !

— C’est exact, dit le géographe, mais je ne suis pas explorateur. Je manque absolument d’explorateurs. Ce n’est pas le géographe qui va faire le compte des villes, des fleuves, des montagnes, des mers, des océans et des déserts. Le géographe est trop important pour flâner. Il ne quitte pas son bureau. Mais il y reçoit les explorateurs. Il les interroge, et il prend en note leurs souvenirs. Et si les souvenirs de l’un d’entre eux lui paraissent intéressants, le géographe fait faire une enquête sur la moralité de l’explorateur. 

 

 

Et un dernier passage... 

 

 

 

— Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

— L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

— C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

— C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.

— Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…

— Je suis responsable de ma rose… » répéta le petit prince, afin de se souvenir.


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Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 09:08

Le responsable informatique arrive pour régler un problème de connexion internet sur un ordinateur.

 

Après 10 mn.

 

Le responsable informatique : « Cet ordinateur n’a aucun problème. »

 

« Alors il se connecte ? »

 

RI : « Non il ne se connecte pas. »

 

« Donc il a un problème. »

 

RI : « Non, juste il ne se connecte pas. »

 

« Oui, c’est bien ça le problème »

 

Dialogue de sourds en Afghanistan….. 


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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 06:15

* Les étrangers

 

« Tu parles Dari ? »  « Oui, je parle dari » Enfin pas pour tout le monde…

 

Parler dari, c’est facile avec les afghans « instruits » mais une fois lâchée dans la campagne afghane, c’est beaucoup plus difficile.

 

L’accent (un incontournable pour moi), le verbe mal conjugué ou mal placé, font que mon public est persuadé que je parle une toute autre langue et attend systématiquement la traduction quand je parle dari.

 

Et c’est la même chose en sens inverse. Je ne comprends pas forcément l’accent ou les mots employés dans les différentes régions d’Afghanistan.

 

Ça peut être vu comme une frustration et parfois ça l’est. Mais ça donne des situations des plus cocasses.

 

Situation n°1

 

Il m’arrive d’avoir un traducteur ne parlant pas anglais ou français mais bien dari. Je parle donc dari avec cette personne plus instruite qui va traduire en dari à la personne moins instruite et vice-versa. On fait comme on peut…

 

Situation n°2

 

Je fais un effort incommensurable pour comprendre mon interlocuteur seule. Dans un premier temps, je lui demande de parler plus doucement, ce que la personne fait les 3 premiers mots et reprend son débit soutenu tout de suite après. Dans un deuxième temps, je demande à la personne de répéter le plus simplement du monde. Alors on s’approche de mon oreille et on me répète tout ça très gentiment mais très très fort… Allez expliquer que non, je n’ai aucun problème de surdité… 


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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 10:50

Incroyable, inouïe, quelle surprise en lisant les journaux ce matin : un article sur l’Afghanistan, sur l’Afghanistan autrement !

 

Pas de guerre, pas d’attaque, on parle de théâtre et on parle du petit Prince joué à Kaboul il y a 2 semaines !  

 

La leçon d'humanité du Petit Prince à Kaboul

LEMONDE | 02.10.10 | 13h35  •  Mis à jour le 02.10.10 | 13h35

C'est à Kaboul, avec ses barrages de police sur fond de collines pierreuses. Mais, à l'intérieur de la salle, sur la scène éclairée par un projecteur, il y a un roi, une rose, un allumeur de réverbères, un vendeur d'étoiles, un vantard, un renard, un serpent et un aviateur échoué sur le sable. Et bien sûr, un Petit Prince, scintillant de tout l'éclat de son écharpe jaune.


Le 22 septembre, le centre culturel français de Kaboul - dont le nouveau complexe flambant neuf vient d'être inauguré - produisait l'immortelle oeuvre d'Antoine de Saint-Exupéry, jouée par la troupe afghane Azdar dans une mise en scène d'Arash Absalan.


La salle était comble, envahie par les élèves des deux lycées francophones de la capitale afghane - Esteqlal (garçons) et Malalaï (filles) -, auxquels s'étaient joints des enfants des rues, qu'une initiative locale tente d'associer à la création théâtrale. Le jeune public riait de bon coeur, au risque parfois du chahut, alors que se dévoilait l'absurdité de ce monde adulte perché sur ses planètes. L'espace d'une matinée scolaire, 500 petits princes afghans se sont frottés à l'univers de Saint-Exupéry.


Arash Absalan ne cachait pas son bonheur. Metteur en scène iranien familier de l'Afghanistan, où il retrouve avec passion "le fonds commun brut de la culture persane", il trimbale en lui l'émotion du Petit Prince depuis sa plus tendre enfance.


INNOCENCES BROYÉES

Il y a quelques années, lors d'une adaptation phonographique du livre en Iran, il avait fini l'enregistrement noyé de larmes. En Afghanistan même, avec sa folie de la guerre et ses innocences broyées, la symbolique du Petit Prince lui tient particulièrement à coeur. Mais à ses yeux la portée de l'oeuvre transcende l'actualité apparente, avec son débat sur la recherche d'une solution pacifique. "Le Petit Prince porte en lui un message bien plus grand que la paix, dit-il. La notion fondamentale, c'est la capacité d'apprivoiser l'autre et d'être apprivoisé par lui. Voilà ce qui rend le dialogue plus riche." Et voilà ce qui rendrait peut-être le monde adulte de l'Afghanistan - et des puissances extérieures qui y interviennent - moins belliqueux.


Ce Petit Prince de Kaboul est la manifestation d'une création théâtrale en Afghanistan qui ne demande qu'à s'épanouir. La troupe Azdar, créée par Guilda Chahverdi, avec le soutien de l'association française Hasards d'hasards, de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), a déjà monté, à Kaboul, L'Histoire du tigre, de Dario Fo, Ubu roi, d'Alfred Jarry, et Macbeth, de Shakespeare.


De son côté, la troupe d'Aftaab, formée à l'école d'Ariane Mnouchkine et du Théâtre du Soleil, s'est lancée dans l'aventure de Roméo et Juliette et de Tartuffe. Chaque année, le département de théâtre de l'université de Kaboul forme des promotions entières de comédiens. Un autre visage de l'Afghanistan.


Frédéric Bobin (Kaboul, envoyé spécial)

 


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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 06:16

« Ça y est j’ai réussi à vendre ma voiture », dit le chauffeur au logisticien.

« Comment as-tu fait ? »

« Il ne savait pas pour le 39 »

 

Parfois quand j’entends une conversation entre deux afghans et qu’elle me semble surréaliste, je me dis que je dois bien mal comprendre le dari. En l’occurrence, j’avais bien compris mais des explications s’imposent.

 

Le chiffre 39 a une connotation tellement négative en Afghanistan que les voitures dont le numéro d’immatriculation commence par 39 perdent 15% à 20% de leur valeur marchande.

 

L’explication vient du « Yak kam tchel », que l’on traduit littéralement par 40 moins un. L’expression vient d’Herat et fait référence aux prostituées, autant dire que c’est pas très bien vu. Apparemment, à Herat une prostituée aurait habité au numéro 39 de la rue 39…

 

Il ne faut pas essayer de comprendre me dit le logisticien, on est bizarre parfois. J’ai donc raconté qu’en France on ne passe pas sous une échelle car ça porte malheur, ils ont bien ri.

 


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Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 06:29

 

Non toujours pas d’article épineux sur les élections en Afghanistan et de rapport sur la fraude. Les Etats-Unis se chargeront bien de publier plein de rapports ultra intéressants et de faire la morale à l’Afghanistan, alors qu’eux-mêmes sont bien loin de montrer l’exemple… J’ai dit ça moi ?

 

Discussion avec une afghane après les élections

 

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M – Tiens tu as le doigt encré, tu es allé voter ?

A – Oui et même si je n’avais pas ma carte d’électeur

M – Tu peux voter sans carte ?

A – Non, mais le candidat pour qui j’ai voté en avait plusieurs avec des noms différents, j’en ai pris une et je me suis appelée C. pour l’occasion

M – Mais la photo ?

A – Ah mais sur les cartes pour les femmes, il n’y a pas de photo

M – … . Mais tu sais que c’est une forme de fraude ?

A – Ah, pourtant c’était mon doigt !

 

Alors ou fraude ou pas fraude ? Moi je suis pour la conception  afghane de la non fraude ! 


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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 06:46

C’était hier soir au Centre culturel français et joué par la troupe de théâtre Aftaab, le soleil. Soutenue et formée par Ariane Mnouchkine, la troupe s’est émancipée pour cette nouvelle interprétation des comédies de Molière, après le Tartuffe, l’Avare.

 

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Aftaab jouant Tartuffe


On interprète, on « afghanise » et hop Harpagon se retrouve en Chapan usé (le manteau traditionnel porté par Karzai), Valère en tenue traditionnelle afghane, le commissaire de police en uniforme de la police afghane et de kokos en turban font office de valets.

 

Le tout en dari (soutenu, tirant donc plus sur l’iranien) et pendant 2h30. Mais entre souvenirs du collège et jeu des acteurs, même le français qui au début aurait rêvé de sous-titres se laisse prendre au jeu.

 

LA touche afghane : Maître Jacques, le cuisinier, qui interrompt la pièce pour demander à une spectatrice d’arrêter de téléphoner !

 

Un grand moment et ce soir Le petit Prince ! Vive la réouverture du CCF !

 


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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 06:29

Cette année, la fête de l'Eid tombe en même que la commémoration de la mort de Massoud. 2 jours fériés le même jour, c'est un peu comme si le 1er et le 8 mai tombaient un samedi et un dimanche (...)

 

Et bien, en Afghanistan il n'y a pas de problème, que des solutions! Le gouvernement a annoncé ce matin qu'il changeait pour cette année le jour de Massoud du 9 au 8 septembre. Le plus simplement du monde, demain devient jour férié! 

 

* Titre d'un livre de Michael Barry retraçant l'histoire de l'Afghanistan de 1504 à 2001. La phrase fait référence à ce pays que personne n'a jamais pu contrôler. Les anglais auraient prononcé cette phrase au XIXème siècle quand le Shah aurait dit qu'il était plus facile de s'emparer de l'Afghanistan que de le garder. C'est d'ailleurs encore le cas aujourd'hui! 

 


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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 12:06

Jeudi 1 pm, sortie des fonctionnaires (ramadan oblige), on est bloqué depuis 40 mn à un carrefour. Dans la rue, c’est l’anarchie. D’une une voie on est passé à 5, les coups de klaxon sont de plus en plus nombreux  et de plus en plus longs et au milieu du croisement, même un vélo ne peut plus passer.

 

Dans ces moments là, on a toujours l’impression qu’il n’y a pas de solution et que l’on va passer la nuit ici mais ça finit toujours par se décanter miraculeusement.

 

Dans la voiture à côté de nous, un koko rouspète, râle et finit par sortir de la voiture. « Tiens il va finir à pied », me dis-je. Pas du tout, le koko va voir les flics quasi endormis du check point et commencent à les réprimander. « Mais vous ne voyez pas que c’est le bordel, au lieu de rester là à vous prélasser vous ne pourriez pas aller aider » (Plus une interprétation de ma part qu’une traduction). Et voilà koko, au milieu du carrefour en train de réguler lui-même la circulation et remonte satisfait dans sa voiture qui enfin peut rouler !

 

Ce sont ces situations toujours un peu surprenantes que j’adore dans ce pays. 


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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 09:33

 

C’est l’invasion à Kaboul, la campagne électorale pour les législatives a encore pris de l’ampleur. Les photos des candidats aux élections ont recouvert la ville, on ne voit plus les arbres, poteaux, rares panneaux de signalisation, devantures des boutiques et les voitures et les maisons sont aux couleurs de leur candidat préféré!

 

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Et plus l’affiche est grande, mieux c’est… 

 

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Le candidat aux pompes à essence est omniprésent...

 

 

 

En même temps, pour comprendre cette frénésie, il faut savoir qu’il n’y a pas moins de 664 candidats potentiels rien que pour Kaboul. Bon récemment, on a viré 14 candidates qui auraient quelques démêlés avec la justice. L’enfant de cœur Sayyaf, chef de guerre et connu pour ses massacres répétés contre les chiites, lui est toujours candidat…

 

664 candidats, ça fait beaucoup de symboles à trouver, du coup on a multiplié un même petit dessin par 2, 3 ou 4. Il ne faut pas oublier le nombre, car on voterait pour des candidats vraisemblablement différents. Exemple en images avec le nombre de grappes de raisin :

 

 

 

1-grape.jpg 2-grapes.jpg

3 grapes 4-grapes.jpg

 

 

Pour finir quelques chiffres :

 

Nombre de sièges à l’assemblée 249

Nombre de sièges pour la province de Kaboul 33

Nombre de sièges pour les femmes 68

Nombre de sièges pour les femmes de la province de Kaboul 9 


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